Saradip.
Lîle dorée où le soleil dominait une ville toute en or. Ancien empire du roi Giaffer, grand et puissant, de par sa force mais aussi, de par sa bonté. Ce roi avait le désir fervent dinstruire ses trois fils et den faire des hommes sages. Alors, il chargea les meilleurs instructeurs des meilleures écoles du royaume, de les prendre en charge. Bientôt, le roi eut ouïe du progrès de ses fils et de leur expertise dans le domaine des arts et des sciences.
Il convoqua son aîné et lui annonça son intention de lui céder sa place comme roi. Celui-ci refusa en invoquant lintelligence de son père et le fait quil devrait régner jusquà sa mort. Les deux plus jeunes fils reçurent la même offre quils déclinèrent à leur tour. Bien quétonné par la sagesse de ses fils, il décida de les pousser à la découverte de lexpérience et de la sagesse nécessaires pour être un dirigeant. Il convoqua de nouveau ses fils et, donnant limpression dêtre en colère, les bannit de Saradip.
Les trois pèlerins quittèrent donc le royaume et marchèrent jusquau royaume de lempereur Beramo. Aux approches de la ville, ils croisèrent un chamelier. Celui-ci leur demanda sils navaient pas vu un de ses chameaux. Nayant point vu lanimal mais remarqué des traces de chameau le long de la route, les trois princes lui demandèrent si lanimal boitait et si un il et une dent lui manquaient. Le chamelier impressionné par la véracité de la description, se lança immédiatement à la poursuite de son animal, sans plus demander. Après avoir cherché sans succès, il revint vers les princes qui le rassurèrent en lui donnant dautres informations. Le chameau lui dirent-ils, transportait du beurre sur un côté, du miel sur lautre et était monté par une femme enceinte.
Concluant que les trois voyageurs étaient des voleurs, il les fit emprisonner. Peu après, le chameau fut retrouvé et les princes furent emmenés devant lempereur Beramo. Lempereur leur demanda comment ils avaient pu donner une description aussi précise dun animal quils navaient jamais vu. Les trois hommes lui répondirent quils avaient brillamment interprété les signes tout au long de la route : du fait que lherbe était mangée sur un seul côté de la route, le côté où elle était la moins verte, ils déduirent quil était aveugle de lautre oeil. Les morceaux dherbe mâchés de la grosseur dune dent trouvés sur la route, laissaient deviner quils étaient tombés par le trou dune dent manquante. Il y avait trois traces de pattes très visibles, la quatrième était brouillée, ce qui indiquait que lanimal traînait cette dernière. Le côté où le beurre était transporté se distinguait aisément de celui du miel : le beurre avait attiré les fourmis et le miel les mouches. En ce qui concerne la femme enceinte, ce fut un peu plus compliqué : près de lendroit où lanimal sétait agenouillé, une empreinte de pied était visible. Comme il y avait un peu durine, un des princes y mouilla ses doigts et sentit. En réaction à cette odeur, il sentit comme une forme de divination charnelle qui le convainquit que lempreinte de pied était celle dune femme. Le troisième prince ajouta quil avait supposé quelle était enceinte car il avait remarqué des empreintes de mains tout près de lurine; elle se serait donc appuyée pour saider.
Lempereur Beramo fût tellement étonné de leur sagacité quil leur offrit dêtre ses invités. Il fût bientôt convaincu quils étaient bénis par les pouvoirs de la prophétie lorsquils devinèrent que lun de ses conseillers planifiait de lempoisonner. Tout cela encouragea lempereur à leur faire part dune bien étrange histoire. Il leur parla dun miroir de justice qui jadis était en son royaume, lequel révélait les coupables, assurant paix et tranquillité. Malheureusement, le miroir avait été volé et amené vers dautres terres où il devint possession dune reine vierge. Beramo les pressa donc de ramener le miroir, pour que justice soit rétablie.
Leur tâche était compliquée par la présence dune main verticale géante. Elle dominait depuis peu la mer, près de la capitale de la reine et terrorisait les habitants. La reine qui possédait le miroir en faisait usage de la sorte : elle avait fait amener le miroir sur la plage et lorientait vers la main géante. Comme résultat, la main exerçait son étreinte sur les animaux plutôt que sur les humains. La reine était donc très réticente à se départir du miroir puisquil prévenait dautres pertes humaines. Le grand défi pour les trois princes était donc de maîtriser la main une fois pour toutes.
Les princes arrivèrent donc au royaume de la reine et se rendirent sur la plage, combattre cette main. Le plus âgé des princes réalisa quil sagissait dun symbole : Si cinq hommes sunissent en une seule cause ils peuvent conquérir le monde. Il éleva alors sa main vers les cieux avec seulement le deuxième et le troisième doigts apparents. Il démontra ainsi que cest une erreur de croire quil faut cinq hommes unis alors que deux suffisent. La main géante disparut sans bruit sous la mer. La reine vierge ainsi débarrassée du fléau les remercia en leur cédant le miroir.
Quand les princes présentèrent le miroir de justice à Beramo, il leur raconta la catastrophe qui lui était arrivé. Il était tombé amoureux dune esclave à la beauté sans égale, Dilirama. Cette esclave avait un jour remis en question son honneur, et ce, en public. Enragé, il la fit attacher et labandonna dans les bois. Le jour suivant, pris de remords, il ordonna quon cherche sa maîtresse. Aucune trace delle ne fût trouvée, laissant lempereur malade de douleur.
Témoins de la souffrance de celui-ci, les princes lui conseillèrent de faire construire sept magnifiques palais et de rester dans chacun deux pour une semaine. En plus, le meilleur conteur dhistoires de chacune des sept plus importantes villes de lempire, lui conterait une histoire merveilleuse. Au courant des semaines, Beramo écouta et apprécia six des histoires, sa santé saméliorant considérablement. En écoutant la septième histoire qui mentionnait un dirigeant qui rejetait son amour, il réalisa quelle concernait Dilirama et lui-même. Questionné, le conteur lui révéla quil connaissait Dilirama et que celle-ci cherchait son seigneur pour lui dire quelle laimait toujours malgré son geste de cruauté. Comblé, Beramo envoya trouver Dilirama et ils furent réunis.
Beramo demanda aux princes comment ils avaient conçu un remède aussi efficace. Ils lui dirent quils avaient recommandé sept palais pour que la variété cure la racine de son mal, linsomnie. Aucune trace de Dilirama nayant été retrouvée dans les bois, ils refusèrent de croire quelle avait été dévorée par des animaux sauvages. Ils avaient suggéré que les conteurs viennent de loin au cas où ils auraient eu ouie delle. Comme Dilirama avait été découverte par un marchand voyageur qui lemmena au loin, leur stratégie sétait avérée très juste.
En conclusion, les trois princes rentrèrent à Saradip rejoindre leur père, le roi Giaffer. Ils devinrent tous trois de brillants dirigeants. Après le décès du roi Giaffer, laîné lui succéda. Le second retourna au royaume de la reine vierge et lépousa. Il devint roi. Lempereur Beramo qui avait une fille, loffrit en mariage au plus jeune. Peu après la cérémonie, il mourut et le prince devint roi de son empire.
Serendip
est une déformation du mot hindou Saradip,
signifiant lîle dorée.
Cette légende amena Horace Walpole, auteur (1717-1797), à inventer le mot Serendipity qui signifie : heureux hasard, découverte par accident et sagacité de choses pour lesquelles on ne cherche pas. On attribue des milliers de découvertes à la Serendipité. Par exemple, la découverte de lAmérique par Christophe Colomb, la pénicilline par Alexandre Fleming, la dynamite par Alfred Bernard Nobel, et des milliers dautres... Pour ma part, cest cette Sérendipité qui me mena, tout au long dun parcours épineux, à la vocation de luthier.
Saradip Lutherie Guitare
Des matériaux de première qualité et le travail à la main dun seul luthier.
Où la qualité de linstrument passe par la passion qui lui est transmise.
Vous cherchiez autre chose, vous avez trouvé la guitare de lîle dorée...
Textes photos et musique, tous droits réservés: Saradip Lutherie Guitare
Références : Richard Boyle